C'est dans le métro de New York que le graffiti fait son entrée en Amérique dans les années 1970.
Ce qui débuta par la simple représentation de tags (signatures) prit des proportions gigantesques. En effet, les métros et wagons de trains furent très rapidement recouverts d'inscriptions des plus variées. En seulement quelques années, les artistes graffeurs améliorèrent leur art en adoptant divers styles, couleurs et formes, créant des typographies jusqu'alors méconnues.
Certains artistes commencèrent à peindre d'avantage que leurs simples pseudonymes. Le mouvement était bien enclenché. Ces artistes avaient alors pour mission de peindre dans les lieux les plus interdits et contrôlés, privilégiant la transgression des lois et le malin plaisir qui en retourne. C'est aussi à cette époque qu'on voit apparaître les premiers « tags » féminins. En effet, le graffiti était plutôt pratiqué par des hommes, résultat direct des risques encourus lorsqu'un dessin ou une signature étaient peints dans des lieux à hauts risques. En 1971, les graffeurs commencent à peindre leurs pseudonymes sur les wagons de trains, à l'intérieur de ceux-ci et même sur les murs des stations. S'en suit une remarquable période d'évolution jusqu'à la fin des années 70 : pseudonymes en trois dimensions, dessins élaborés, collectifs de plus en plus nombreux. Ainsi, cette quête se poursuivit jusqu'à la fin des années 1980.
À New York, une nouvelle réglementation expressément conçue pour contrer les graffitis fut adoptée. De cette façon, l'effet dissuasif devint palpable et le découragement fut à son plus haut niveau. Un infime nombre d'artistes graffeurs persista ainsi à peindre trains et métros, malgré des contraventions coûteuses et même, des peines d'emprisonnement dans certains cas. L'élection du maire Giuliani dans les années 1990 met encore plus l'emphase sur les sanctions et le fait de contrer les graffitis. Malgré cela, les passionnés n'ont jamais complètement laissé tomber leur art et ont continué de peindre. Aujourd'hui, plusieurs pays considèrent certaines oeuvres comme étant de l'art contemporain et tolèrent le graffiti avec une pointe de plaisir et d'admiration envers ces artistes qui jouent un rôle clé dans la liberté d'expression.
L'Europe, avec ses grands bouleversements historiques et ses révolutions, a vu naître le graffiti tel qu'on le connaît aujourd'hui très tôt.
Dès 1960 en France, on le compare à une forme d'art, ce qui s'avère être plutôt singulier à l'époque. Même si les critiques sont mitigées, l'art du graffiti était né, au grand plaisir des artistes qui s'adonnaient à cette pratique.
Vers la fin des années 1960, on retrouve une valeur très intellectuelle et songée au sein des graffitis conventionnels, inspirés par la politique pour la plupart. Teintés parfois d'humour, parfois de poésie, on dépeint des slogans accrocheurs et sympathiques, souvent à double sens. Ces graffitis sont peints au rouleau ou au pinceau en règle générale, bien que certains artistes faisaient usage d'aérosols. Au début des années 1980, le graffiti est considéré comme étant de l'art urbain et son aspect illégal et clandestin intéresse bon nombre d'artistes. On peint de façon humoristique et légère, en adoptant de nouvelles techniques très intéressantes comme le pochoir, par exemple. Colorés et déjantés, les graffitis ont la cote !
Associés à la culture hip-hop, ils sont souvent réalisés par des collectifs, sur le même modèle que ceux retrouvés aux États-Unis. Parallèlement, au début des années 1960, l'Allemagne était en pleine ébullition. Le mur de Berlin fut construit, séparant l'Allemagne de l'Est et de l'Ouest. Ainsi, il était impossible pour les citoyens situés à l'est du mur de traverser, ni même d'approcher le mur, alors que les résidents situés à l'ouest traversaient régulièrement afin d'y réaliser des graffitis. Lorsque le mur fut détruit à la fin des années 1980, il était presque complètement submergé de slogans, dessins, peintures, etc. Ce dernier aura servi de support et de tribune libre à bon nombre de jeunes Allemands qui désiraient protester et signifier leur mécontentement.
Finalement, bien que l'un des pays les plus modernes d'Europe, l'Espagne emboita le pas beaucoup plus tard. N'empêche qu'on y retrouve actuellement plusieurs des graffitis les plus élaborés et tranchants ainsi que les artistes graffeurs les plus prometteurs. Malheureusement, l'art du graffiti est souvent sanctionné en Europe. Ainsi, en France, on pourchasse depuis quelques décennies les artistes ayant réalisé des graffitis aux messages à caractère politique. Une sorte de lutte anti-graffiti bat par ailleurs son plein mais, n'est pas nécessairement contrôlée par le gouvernement ou par les villes.
Bien que ces dernières tolèrent certains d'entres-eux dans des lieus jugés pertinents, elles s'empressent habituellement de détruire les graffitis qui parsèment leurs réseaux et leurs véhicules (trains, wagons, etc.). Par ailleurs, plusieurs villes ont investit de rondelettes sommes dans de l'équipement anti-graffiti. Les graffitis sont sévèrement sanctionnés en France. Ainsi, lorsqu'ils sont réalisés sur des supports non autorisés, ils sont considérés comme étant nuisibles et destructeurs de la propriété d'autrui et sont passibles d'amandes allant de 1500 à 30 000 euros, et dans certains cas extrêmes, sujets à emprisonnement pour une durée maximale de 2 ans.
Le street-art, ou art urbain, est un mouvement artistique contemporain.
Il s'agit de toutes formes d'art réalisé dans la rue ou dans des endroits publiques et englobe diverses méthodes telles que le graffiti, le graffiti au pochoir, les stickers, les posters, la projection vidéo, les installations de lumière, la céramique, etc.
Le street-art parsème l'univers visuel des grandes cités. On en retrouve sur les murs, les trottoirs, les rues, dans les parcs ou sur les monuments. Le terme est par ailleurs utilisé afin de différencier une forme artistique d'un mouvement territorial ponctué de vandalisme et d'illégalité. Bien que le street-art ne soit pas toujours légal, sa valeur artistique est incontestable et de plus en plus en demande. Les motivations conduisant ces « street-artistes » à perpétrer leur art sont tout autant variées que le nombre d'artistes lui-même.
Certains artistes de la rue perçoivent tout simplement l'environnement comme étant une vaste et vierge toile des plus inspirantes alors que d'autre sont tout simplement motivés par les risques rencontrés lorsqu'ils travaillent de façon illégale sur un lieu donné. Aujourd'hui mieux connu de public, le street-art et observé de parts et d'autres de la planète. C'est le cas notamment de Berlin en Allemagne, de Melbourne en Australie et de Sao Paulo au Brésil. Ces trois lieux sont, pour des raisons nébuleuses, les endroits les plus prolifiques de l'art de la rue. On peut y observer plusieurs chefs d'œuvres d'envergure qui sont à couper le souffle.
Cela dit, tous les murs de toutes les villes du monde peuvent devenir le canevas parfait pour un street-artiste. Suffit de repousser les limites! Toutes les grandes villes ont gouté à la médecine du street-art. Paris, Londres, Bristol, Madrid, Barcelone, Rome, Chicago, San Francisco et bien entendu, New-York sont souvent la scène de projets gigantesques, alliant activisme et contestation.
L'art urbain s'est peaufiné avec le temps. Du simple graffiti, il est devenu grandiose par l'utilisation et la juxtaposition de diverses techniques, de matières insolites et est plus engagé que jamais. À ce sujet, plusieurs collectifs ont vu le jour au cours de la dernière décennie.
Réunissant une grande variété d'artistes (designers, photographes, pochoiristes, peintres, graffeurs, etc.), leur mission est très précise. Ils s'emploient à réunir art et activisme bénévolement, dans le but de reprendre le contrôle des villes assuré jusque là par des politiciens, des policiers et des hommes d'affaires qui définissent ce qu'est l'espace public à leur propre profit et non pas en pensant aux citoyens et artistes qui les entourent.
Dans leurs mentalités, nous évoluons dans un monde rempli de mensonges et en s'appliquant à réaliser des œuvres d'art qui dénoncent ce fait, nous retrouverons enfin la vérité! Ils sont contre l'oppression, l'injustice et le mépris, ils se battent pour les démunis, les droits de gays, des femmes, des aînés. Responsables d'une multitude d'œuvres sous forme d'affiches, de graffitis, de gravures et de peintures, ils frappent droit au but pour faire réfléchir et réagir la population.




